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1919

Première page d’un mémorial

Charles GILL

Lorsque les ans auront glacé mon cœur, Et sur mon front mis leur blanc diadème, Quand j’aurai vu tous les rêves que j’aime S’évanouir au souffle du malheur,

Si la souvenance d’un temps meilleur Ne me rend pas l’ombre de ma bohème, Devant la faulx de la Camarde blême. Je pousserai mon cadavre sans peur !

Aussi, pour vivre aux heures de détresse, Pour éclairer la nuit de ma vieillesse Au bon soleil qui luit sur mes vingt ans, Mémorial, je confie à tes pages

Ces fugitifs et consolants messages Qu’à mon hiver adresse mon printemps.

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