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1919

La Mort de Rose

Charles GILL

Rose est morte ! La fleur de sa lèvre est fanée. Oh ! le cortège en cette allée où les lilas, Témoins de notre amour au printemps de l’année. Penchaient sur son cercueil leur front lourd de verglas !

Rose est morte ! Ses yeux ont éteint leurs éclats : Nul astre désormais guide ma destinée. Seule en le grand désert mon âme abandonnée Entend sonner l’adieu funèbre de son glas.

Rose est morte ! Le glas vibre en ma souvenance ; Les larmes de l’airain tombent dans le silence Effrayant qui remplit la morne paix du soir. Sonne ! ô glas, pour scander les plaintes de ma lyre !

Sanglot de bronze, ô glas qu’évoqué mon délire, Tu peux gémir, car dans mon cœur est mort l’espoir !

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