Barde sublime et fier que la grâce accompagne, Nous t’aimons pour l’honneur de la vieille Bretagne, Pour le rayonnement de son nom vénéré Que tu vas répandant partout, de grève en grève ;
Nous t’aimons pour la gloire immense de ton rêve Épris d’un Idéal à tout jamais sacré ! Le héros dans tes chants retrempe son courage ; La veuve, en te lisant, n’achève pas la page
Où vibrent des frissons, des cris et des sanglots ; La tendre fiancée à qui ta lyre verse Plus d’amour, te bénit ; et le pêcheur se berce Au rythme de tes vers comme au roulis des flots.
Quand tu nous parleras des menhirs et des chênes, Les souvenirs troublés des visions lointaines Qui portent du granit l’inaltérable sceau, À nos yeux surgiront, par delà les années…
Rends-nous en gerbes d’or toutes nos fleurs fanées ! Chante ! car nous voulons revoir notre berceau ! Chante ! Nous entendons les sons confus et vagues Des bardes d’autrefois, par la plainte des vagues
Redits à l’infini… Qui de nous, sans frémir, Dans le tourment des jours évoquant son enfance, Reconnaîtrait soudain la naïve romance Qu’on fredonnait tout bas, le soir, pour l’endormir ?
Réveille longuement notre écho monotone Aux accords variés de la chanson bretonne ; Et quand, malgré les cœurs qui te veulent ici, Tu reverras Port Blanc, si le marin sans crainte,
Le pauvre paysan ou la fileuse sainte T’interrogent sur nous, répète-leur ceci : Chevaliers défenseurs des causes éternelles, Nous sommes, comme vous, obstinés et fidèles ;
Le drapeau de Montcalm, un jour, nous dit adieu, Mais nous restons Français, en dépit des conquêtes, Ô Bretons ! qui, malgré le siècle et ses tempêtes, Aimez encor le Ciel et croyez au bon Dieu !
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