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1872

SONNET VI

Théophile GAUTIER

Ce petit pied, plus vif que le pied d'Atalante, Qu'à Trianon vantaient vos amis assemblés, Sans la courber, marchant sur la tête des blés, Et qui fait de l'oiseau trouver l'aile trop lente,

Ce pied que l'amour suit sous la robe volante, Et qui ne laisse pas dans les chemins sablés La trace qu'à jamais, gardent les cœurs troublés, Vous m'en avez promis, l'empreinte ressemblante.

Comme serre-papiers sur mes vers se posant, De l'étroit brodequin la semelle d'ivoire, Empêchera le vent d'emporter mon grimoire. Et mes vers germeront sous ce poids caressant,

Comme on voit, dans un pré que foule une déesse, Naître et s'ouvrir les fleurs sous le pied qui les presse !

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SONNET VI · Théophile GAUTIER · Poetry Cove