Skip to content
1872

SONNET

Théophile GAUTIER

Vous étiez sous un arbre, assise en robe blanche, Quelque ouvrage à la main, à respirer le frais. Malgré l'ombre, pourtant, des rayons indiscrets Pénétraient jusqu'à vous, filtrant de branche en branche.

Ils jouaient sur le sein, sur le col, sur la hanche ; Vous reculiez le siège et puis, l'instant d'après, Pleuvaient d'autres rayons sur vos divins attraits Comme des gouttes d'eau d'une urne qui s'épanche.

Apollon, Dieu du jour, essayait de poser Son baiser de lumière à vos lèvres de rose : — Un ancien, de la sorte, eût expliqué la chose. — Trop vif était l'amour, trop brûlant le baiser,

Et, comme la Daphné des Fables de la Grèce, La mortelle, du Dieu repoussait la caresse.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
SONNET · Théophile GAUTIER · Poetry Cove