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1833

LE LUXEMBOURG

Théophile GAUTIER

Au Luxembourg souvent lorsque dans les allées Gazouillaient des moineaux les joyeuses volées, Qu'aux baisers d'un vent doux, sous les abîmes bleus D'un ciel tiède et riant, les orangers frileux

Hasardaient leurs rameaux parfumés, et qu'en gerbes Les fleurs pendaient du front des marronniers superbes Toute petite fille, elle allait du beau temps A son aise jouir et folâtrer longtemps,

Longtemps, car elle aimait à l'ombre des feuillages Fouler le sable d'or, chercher des coquillages, Admirer du jet d'eau l'arc au reflet changeant, Et le poisson de pourpre, hôte d'une eau d'argent ;

Ou bien encor partir, folle et légère tête, Et, trompant les regards de sa mère inquiète, Au risque de brunir un teint frais et vermeil, Livrer sa joue en fleur aux baisers du soleil !

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