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1872

LA FUMÉE

Théophile GAUTIER

Souvent nous fuyons en petit coupé, Car chez moi toujours la sonnette grince, Et les visiteurs qu'en vain l'on évince Chassent le plaisir de mon canapé.

Couple par l'amour et l'hiver groupé, Nous nous serrons bien, car la bise pince ; Sur mon bras se cambre un corps souple et mince, D'un châle à longs plis bien enveloppé.

Dans une voiture au pas et fermée, Pour nous embrasser, il serait bourgeois, De baisser le store au milieu du Bois ; J'allume un cigare et ma bien-aimée

Un papelito roulé par ses doigts, Et l'Amour, pour voile, a cette fumée.

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