BIEN qu’au Peuple dans la stupeur,
Cherchant des yeux sa chaîne ancienne,
—Avant que la raison lui vienne,—
Ce mot éclatant fasse peur,
Lorsqu’il donne aux rois la réplique…
Vive la République !
Liberté ! Cri jeune et vibrant
Sorti de l’âme universelle !
Poursuis le tyran qui chancelle ;
Qu’il te maudisse en expirant !—
Peuple, pour que ta loi s’applique,
Vive la République !
Égalité ! Que ton niveau,
Pur triangle au tranchant de hache,
Pour fonder la Cité sans tache
S’imposant au monde nouveau,
Sauve le peuple famélique :
Vive la République !
Fraternité ! Marchons unis !
Aimons-nous, pour que tout nous aide !
Pour que le monde entier nous cède,
Quand les despotes sont punis,
Chassons la haine à l’œil oblique :
Vive la République !
Patrie ! œuvre de nos aïeux !
Patrie, ô famille agrandie,
Honte au fils qui te répudie !
Sur ton étendard glorieux
Je lis, sous le fer de la pique :
Vive la République !
Au nom de la sainte équité,
Place !… Pour le siècle où nous sommes,
Pour tous les temps, pour tous les hommes,
Pour l’immense Postérité,
—Quand tout meurt, trône et basilique—
Vive la République !