ÉCUME de la France et du monde, intrigants
Vulgaires, qui rêviez de régner dans la vase ;
Triboulets de l’orgie et du vol, qu’on écrase,
Pour avoir allumé la torche des brigands !
Pitres buveurs de sang ! Bobèches noirs d’envie !
Corrupteurs et trompeurs du Peuple ! Êtres fangeux
Dont la grimace était une arme, et dont les jeux
Ne servaient qu’à masquer la rage inassouvie,
Soyez maudits ! — Maisons, palais anéantis,
Non, non, ce ne sont pas les ruines uniques
Que nous lègue l’horreur de vos guerres puniques :
Oh ! que de biens futurs dans l’abîme engloutis !
Vous avez empiré le sort du pauvre Ilote
Qui vous crut un instant — l’esprit halluciné !…
Hélas ! tout progrès meurt sur le sol calciné !
Au navire embrasé qu’importe le pilote ?
Ah ! vous en répondrez à la Postérité :
Soyez maudits au nom de la cité fumante,
De la France outragée, et des cours où fermente
L’amour de la justice et de l’humanité !
Allez, partout chassés comme la bête fauve ;
Meurtriers de nos vieux jeunes et palpitants,
Disparaissez !… Pitié pour les seuls combattants,
Pour les seuls égarés, et que leur deuil les sauve !
Mais puisse notre angoisse expier vos méfaits !
Puissions-nous ressaisir le Destin qui se cabre,
Et, sortant le front haut de ce rêve macabre,
D’un siècle de vertus porter le noble faix !