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1871

LES INCENDIAIRES

Félix FRANK

ÉCUME de la France et du monde, intrigants Vulgaires, qui rêviez de régner dans la vase ; Triboulets de l’orgie et du vol, qu’on écrase, Pour avoir allumé la torche des brigands !

Pitres buveurs de sang ! Bobèches noirs d’envie ! Corrupteurs et trompeurs du Peuple ! Êtres fangeux Dont la grimace était une arme, et dont les jeux Ne servaient qu’à masquer la rage inassouvie,

Soyez maudits ! — Maisons, palais anéantis, Non, non, ce ne sont pas les ruines uniques Que nous lègue l’horreur de vos guerres puniques : Oh ! que de biens futurs dans l’abîme engloutis !

Vous avez empiré le sort du pauvre Ilote Qui vous crut un instant — l’esprit halluciné !… Hélas ! tout progrès meurt sur le sol calciné ! Au navire embrasé qu’importe le pilote ?

Ah ! vous en répondrez à la Postérité : Soyez maudits au nom de la cité fumante, De la France outragée, et des cours où fermente L’amour de la justice et de l’humanité !

Allez, partout chassés comme la bête fauve ; Meurtriers de nos vieux jeunes et palpitants, Disparaissez !… Pitié pour les seuls combattants, Pour les seuls égarés, et que leur deuil les sauve !

Mais puisse notre angoisse expier vos méfaits ! Puissions-nous ressaisir le Destin qui se cabre, Et, sortant le front haut de ce rêve macabre, D’un siècle de vertus porter le noble faix !

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