Nous pensions au moins que dans nos murailles Ils n’entreraient pas, N’ayant pu les prendre avec leurs mitrailles Ni tous leurs soldats !
Nous pensions qu’après cinq longs mois de siège Sans brèche aux remparts, On verrait sortir meurtris de leur piège Ces lâches renards !
Nous avions compté sans l’âpre famine Qui nous saute au cou Pour nous tordre enfin la gorge, et termine La guerre d’un coup !
Et pourtant nos forts, bravant la tempête, Disaient toujours non, Et ne voulaient pas abaisser la crête De leur pavillon !
Et, même étranglés par le mal farouche, Nous serions debout, Si des vils rhéteurs à la face louche N’avaient livré tout !
S’ils n’avaient menti, pour rendre dans l’ombre Paris désarmé, Et crier ensuite à la foule sombre : — « Tout est consommé !»—
Préférant au bruit de nos libres armes L’honneur d’embrasser Les pieds d’Attila, mouillés de ces larmes Qu’ils savent verser !
— Ainsi donc, Paris, notre cité sainte, Paris frémissant Aura répandu hors de son enceinte Tant de noble sang,
Lui, le fier géant dont jamais défaite N’ébranla le cœur, Pour subir l’affront du Barbare en fête, Maître… et non vainqueur !
O vous qui pouviez sauver la Patrie, Obstinée en vain, Et qui n’avez mis qu’une main flétrie Dans sa large main ;
O vous, déserteurs de la République, Vous si haut portés, Qui rampez si bas dans chaque supplique Et la souffletez !
Vous qui dans la nuit penchiez vos fronts blêmes, Serfs abâtardis, Frissonnant de peur dans ces jours suprêmes, Oh ! soyez maudits !
Paris vous rejette, et déjà l’Histoire Coud vos noirs linceuls : Ci-gît l’infamie… A Paris la gloire ! La honte à vous seuls !
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