Montrons, France, montrons à ces hommes de proie
Ce que peut la vigueur d’un grand peuple vaincu ;
Montrons que pour sortir de l’étau qui nous broie,
Aux vains rêves d’orgueil notre âme a survécu !
Que partout le travail élargisse la voie :
C’est à lui de parler quand le canon s’est tu !
C’est du labeur viril que renaîtra la joie !
Au stérile plaisir disons : « Que nous veux-tu ?»
Ainsi, forte et sereine, avec l’or de tes gerbes,
France au cœur de lion, parmi les plus superbes
De ta chute d’un jour tu te relèveras !
Et — qui nous défendrait l’espérance, ô ma mère ?—
Rompant d’un seul effort ton servage éphémère,
Sur tes fils retrouvés tu fermeras tes bras !