Demeure donc, ô France, en ton calme foyer !
Travaillant pour le monde et pour ta race unie,
Avec les maux présents lutte à coups de génie :
Nous n’irons plus au loin souffrir et guerroyer.
La pourpre de la gloire est un mince loyer
Pour tant de jours d’angoisse et de peine infinie :
Trésor précaire, hélas !… Adieu, triste manie ;
Soif de conquête, adieu ! C’est à nous de ployer !
Eh bien, luttons encor… mais pour nous et les nôtres,
Pour le Juste et le Vrai qui cherchent des apôtres :
Si l’épée est brisée, il est d’autres outils !
Luttons avec la bêche, et la plume, et l’étude ;
Fauchons d’un bras hardi l’herbe de servitude,
Et que la fleur du Beau parfume nos courtils !