ALLONS ! C’est bien ! César, tu l’as compris Trop de repos énerve l’homme ! Pour le sauver du vice et du mépris, Qu’on le fusille ou qu’on l’assomme !
Bataille ! Il faut que, pour garder son rang, Sabre au poing il coure au carnage ; Et rien n’est beau comme un soldat mourant, Qui mord la poussière avec rage !
Retrempons-nous en de fougueux combats ; Tambour battant, sous l’uniforme, Pour le plaisir, pour l’art, marquons le pas… Qu’un jour un boulet nous endorme !
Plus elle donne aux hasards meurtriers, Amis, plus la Patrie est forte ! Qu’importe au monde un peuple d’ouvriers ? Travail et justice, qu’importe ?
Que parle-t-on de quelques désespoirs, D’orphelins en pleurs et de veuves ? De quelques deuils, et des vêtements noirs Imposés par quelques épreuves ?
Laissons crier les gens au faible cœur Dans leur patois vide et sonore ; Laissons l’eunuque et le pâle rhéteur Chanter la paix, qui déshonore !
Et nous, du glaive appliquant la leçon, Désertant fermes et boutiques, Par tout pays, de Césars juste et bon Suivons les aigles domestiques.
Maîtres d’autrui, par César délivrés Et le couvrant de nos égides, Nous porterons aux peuples arriérés Le bienfait de nos mœurs rigides !
Ils apprendront par nos mâles travaux Tout ce que peut faire d’honnête, Pour les guider vers des sentiers nouveaux, Le canon ou la baïonette !
Ils apprendront tout ce qu’ajoute encor, — S’ils n’ont déjà pareil salaire —, Un brin de pourpre, ou quelque galon d’or, A la majesté populaire !
Ave Cæsar ! — Quoi ! par de vains discours Notre vigueur serait bridée ?… A l’œuvre, amis : pour des fardeaux moins lourds Secouons le poids de l’Idée !
Et si jamais la triste Liberté, Dont on a brisé la statue, Nous revenait, en un jour détesté… Nous l’écraserions dans la rue !
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