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1909

SOUVENIR

Georges FOUREST

Quand j’étais tout petit, nous dînions chez ma tante, le jeudi soir ; papa la jugeait dégoûtante à cause d’un lupus qui lui mangeait le nez : ce m’est un souvenir si doux que ces dîners !

Après le pot-au-feu, la bonne, Marguerite, apportait le gigot avec la pomme frite classique et c’était bon ! je ne vous dis que ça ! Chacun jetait son os à la chienne Aïssa,

Moi, ce que j’aimais bien c’est andouille de Vire ; je contemplais (ainsi que Lamartine Elvire) sur mon assiette à fleurs les gros morceaux de lard, et je roulais des yeux béats de papelard

et ma tante disait : « Mange donc, niguedouille ! »… ô Seigneur, bénissez ma tante et son andouille !

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