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1909

SARDINES À L’HUILE

Georges FOUREST

Dans leur cercueil de fer blanc plein d’huile au puant relent marinent décapités ces petits corps argentés

pareils aux guillotinés là-bas au champ des navets ! Elles ont vu les mers les côtes grises de Thulé,

sous les brumes argentées la Mer du Nord enchantée… Maintenant dans le fer blanc et l’huile au puant relent

de toxiques restaurants les servent à leurs clients ! Mais loin derrière la nue leur pauvre âmette ingénue

dit sa muette chanson au Paradis-des-poissons, une mer fraîche et lunaire pâle comme un poitrinaire,

la Mer de Sérénité aux longs reflets argentés où, durant l’éternité, sans plus craindre jamais les

cormorans et les filets, après leur mort nageront tous les bons petits poissons !… Sans voix, sans mains, sans genoux ,

sardines priez pour nous !…

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