Au bord du Loudjiji qu’embaument les arômes
des toumbos le bon roi Makoko s’est assis.
Un m’gannga tatoua de zigzags polychromes
sa peau d’un noir vineux tirant sur le cassis.
Il fait nuit : les m’pafous ont des senteurs plus frêles ;
sourd, un marimeba vibre en des temps égaux ;
des alligators d’or grouillent parmi les prêles
un vent léger courbe la tête des sorghos ;
et le mont Koungoua rond comme une bedaine,
sous la Lune aux reflets pâles de molybdène,
se mire dans le fleuve au bleuâtre circuit.
Makoko reste aveugle à tout ce qui l’entoure :
avec conviction ce potentat savoure
un bras de son grand-père et le juge trop cuit.