Skip to content
1909

LE DOIGT DE DIEU

Georges FOUREST

Il avait violé sa sœur, coupé sa mère en tout petits morceaux : jugeant la vie amère et se voulant donner quelque distraction il servit à son père une décoction

vénéneuse, du foie et des reins ennemie (car il avait beaucoup potassé la chimie) : cette mixture fit mourir le doux vieillard. Il était mal poli, journaliste, paillard

trichait au jeu, faisait des vers, fumait la pipe dans la rue et, le soir, il se gavait de tripe à la mode de Caen parmi des croque-morts D’ailleurs il n’éprouvait pas l’ombre d’un remords

et vivait très correct et très digne et coulait de bien beaux jours (comme fait Monsieur Paul Déroulède). Mais Dieu possède un DOIGT et l’immoralité ne saurait échapper à la fatalité…

Un matin, comme il avait fait la grande fête un pot de réséda lui tomba sur la tête, et le Seigneur l’admit au Paradis profond car il était plus vif que méchant dans le fond !…

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.