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1907

UN SOIR

Fernand FLEURET

La fanfare des cors rend son âme légère Et le soir se recueille en l'Église des bois. Car au ciel qui se fane, à d'invisibles doigts, Tremble l'hostie lunaire.

— Seigneur, Dieu du Silence auguste et de la Nuit, Sanctifiez les fleurs qui meurent embaumées. Et les vieilles maisons, expirantes aussi. Qui râlent leurs fumées !

Seigneur, acceptez l'âme humide de sanglots Des grands parcs éplorés et des forêts d'automne ; Seigneur, bénissez la louange monotone Qui monte des jets d'eau !

S'il est, par ce beau soir, une humble destinée Qu'il vous faille choisir pour en orner les cieux. Au moins qu'indolemment la mort lui soit donnée En souffle sur les yeux ;

Que son cœur ait la paix de l'abside fermée Qui vous priait encor tantôt, depuis mille ans ; Et que le sol lui soit moins lourd que les buées Que voici sur les champs !

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