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1907

ÉPINALERIE

Fernand FLEURET

Bricks carrés, assis sur une mer crépue… Fantassins, venus d'Épinal à Alger, Dont les pieds, fouleurs de sables étrangers, N'ont plus les ronds de bois des jours de revue.

Les bombes font des nuages ronds et délicats. Comme en a vu le graveur sur les monts de Lorraine ; Et, cerfs-volants au bout du pointillé qu'ils entraînent, Les boulets vont tomber sur la tour qui est là-bas.

Un clairon — pas toi, cabotin de Crimée ! — Sonne le feu à pleines joues, on dirait Qu'il veut surpasser rouges et violets Qui hurlent aux yeux leurs notes diaprées.

Les blessés jouent à faire très bien dans le tableau ; Les fusils partent pour mériter des lauriers-roses. Et le chien-mouton du tambour-major prend des poses Comme son maître, et par habitude, il fait le beau.

Pour rester dans la mémoire des fillettes Dont le léger cœur s'inquiète d'amours. Comme on tire l'aiguille sous l'abat-jour. L'officier, grave et doux, tire une épée fluette…

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