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1893

SECRET DU CŒUR

Albert FERLAND

Bien que mon regard le plus tendre Ne semble jamais te charmer, Et que tu daignes bien m'entendre Sans vouloir paraître m'aimer,

Oh ! tu n'es pas indifférente ! Dans ton œil rêveur j'ai surpris Souvent quelque pensée errante… Ah ! tu m'aimes, je l'ai compris !

C'est vainement, ô charmeresse, Que sous l'aspect de la froideur Tu désires cacher l'ivresse Dont je fais tressaillir ton cœur,

Car je sais que parfois les âmes, Sous l'apparence des mépris, Dissimulent de tendres flammes Ah ! tu m'aimes, je l'ai compris !

Charmante enfant, toi qui m'inspires, Daigne m'avouer, sans détour, A quel point pour moi tu soupires, Et fais l'aveu de ton amour.

Que ton œil au regard l'impide Me dévoile ton cœur épris Dont tu rendis l'élan timide, Car tu m'aimes, je l'ai compris !

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