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1893

LE PRINTEMPS

Albert FERLAND

Enfin l'hiver se lasse à souffler la froidure. Grincements de verglas et clameurs d'aquilons Font place aux gazouillis des gentils oisillons, Aux duos des zéphyrs jouant dans la verdure.

Le souffle printanier se parfume aux vallons, Sifflotte sur les eaux, roucoule en la ramure, Et l'œil vers les gazons, l'oreille à tout murmure, Le gai semeur répand le blé dans les sillons.

Les mousses s'agraffant coiffent les monts sauvages, Et l'herbe qui revêt les prés et les rivages Dissimule déjà toute trace d'autans. Par moment l'on entend quelque bruissement d'ailes,

Et, pensif on se dit : « Ce sont les hirondelles Dont la troupe joyeuse escorte le printemps. »

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