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1899

Dis-nous, ô jeune femme

Albert FERLAND

Dis-nous, ô jeune femme Dis-nous ton bien-aimé L'aimé qui, d'un pur cinname, Ton lit doit être parfumé.

Celui que mon cœur aime est un bouquet de myrrhe ; Son baiser dont l'ardeur est celle du midi Est non moins odorant que le nard de Palmyre Et meilleur que le sang des vignes d'Eugaddi.

Dis-nous, ô jeune femme Dis-nous ton bien-aimé L'aimé qui, d'un pur cinname, Ton lit doit être parfumé.

Que ne m'est-il donné d'être à son ombre assise ! Son aspect est pareil à celui de l'Hermon ; Des filles de Sion plus d'une en est éprise ; C'est une huile épandue et rare que son nom.

Dis-nous, ô jeune femme Dis-nous ton bien-aimé L'aimé qui, d'un pur cinname, Ton lit doit être parfumé.

Admise en ses celliers, j'inclinerai l'amphore, Et, vous distribuant le nectar des festins, Je me plairai, joyeuse, à vous redire encore Que son baiser vainqueur est meilleur que les vins.

Dis-nous, ô jeune femme Dis-nous ton bien-aimé L'aimé qui, d'un pur cinname, Ton lit doit être parfumé.

Je suis brune et pourtant mon roi m'a comparée A ses coursiers traînant le char de Pharaon ; Je suis belle à ses yeux, quoique décolorée, Plus que les pavillons du sage Salomon.

Dis-nous, ô jeune femme Dis-nous ton bien-aimé L'aimé qui, d'un pur cinname, Ton lit doit être parfumé.

Ne considérez plus que je me sais hâlée, Dans les flots lumineux qui baignaient les sentiers, Lorsqu'en mai je m'en suis septante fois allée Garder ma vigne en fleur au jardin des noyers.

Dis-nous, ô jeune femme Dis-nous ton bien-aimé L'aimé qui, d'un pur cinname, Ton lit doit être parfumé.

Celui que mon cœur aime est un bouquet de myrrhe ; Son baiser dont l'ardeur est celle du midi Est non moins odorant que le nard de Palmyre Et meilleur que le sang des vignes d'Engaddi.

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