Skip to content
1899

Chant des Pleureuses

Albert FERLAND

Ayons comme les jours de la triste saison Nos heures de soleil et de mélancolie ; Autant qu'il nous est doux de rire à la folie, Qu'il nous plaise parfois de pleurer sans raison.

Pleurons, pleurons pleureuses que nous sommes Pleurons, pleurons, loin du regard des hommes, Pleurons quand la tristesse enténèbre nos yeux, Pleurons lorsque le cœur s'énamoure et s'ennuie ;

Que nos chagrins, pareils aux nuages des cieux, Se dissipent en pleurs comme ils tombent en pluie ! Qu'il est plaisant de voir, ainsi que brusquement S'ensoleille en avril l'azur après l'ondée,

Une pleureuse encor de larmes inondée S'illuminer soudain d'un sourire charmant ! Pleurons, pleurons pleureuses que nous sommes Pleurons, pleurons, loin du regard des hommes,

Pleurons quand la tristesse enténèbre nos yeux, Pleurons lorsque le cœur s'énamoure et s'ennuie ; Que nos chagrins, pareils aux nuages des cieux, Se dissipent en pleurs comme ils tombent en pluie !

Dolentes et les yeux empreints de nonchaloir Sachons parfois, ainsi qu'à l'ombre des platanes Le cœur alangouri soupirent les sultanes, Même au doux mois des fleurs gémir et nous doloir.

Pleurons, pleurons pleureuses que nous sommes Pleurons, pleurons, loin du regard des hommes, Pleurons quand la tristesse enténèbre nos yeux, Pleurons lorsque le cœur s'énamoure et s'ennuie ;

Que nos chagrins, pareils aux nuages des cieux, Se dissipent en pleurs comme ils tombent en pluie !

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
Chant des Pleureuses · Albert FERLAND · Poetry Cove