Skip to content
1912

Servante d’Hôtel

Charles-Théophile FERET

Tu ne sers pas Vénus, mais tu sers ses prêtresses, Tu regardes monter les sacrificateurs… Fais le lit du plaisir, mais crains que la froideur De tes mains de Vestale offense la Déesse.

De ton sang nuptial tu lui dois les prémisses, O corps nouveau. Veux-tu ? j’affranchirai tes flancs. Pour ma tempe fanée et pour mes cheveux blancs Prends-moi, car un vieux maître est plus doux aux novices.

Irrite par le feu les nymphes. Dans ce vase — Tant le jour fut brûlant — lave ton corps laineux, Et fais l’ampoule éclore en un neuf lumineux, Qu’on te voie à cheval sur ce petit Pégase.

Ah ! que de jougs avec ta chemise tu ôtes !… Je t’offre des plaisirs sans amour, goûte-les. La Passion veut des serments, fait des valets : La riche Volupté, elle, n’a que des hôtes.

A ceux qui te jetaient une obole il faut prendre Un tribut, n’épargnant que moi qui t’enseignai. De ta vertu jamais tu n’auras un denier, Tu peux tirer bon prix de tes péchés à vendre.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
Servante d’Hôtel · Charles-Théophile FERET · Poetry Cove