Skip to content
1912

Nuit de victoire

Charles-Théophile FERET

L’aurore s’étonnait que ruisselle un crin fauve Près de mon poil chenu sur le même oreiller. Or, Vénus qui me tint cette nuit éveillé Au quatorzième lustre a fleuri mon front chauve.

Ma vigueur a goûté, des défaillances sauve, Aprement cet amour, peut être le dernier ! J’ai bu le sang des dieux sur un corps printanier. Qui sent la rose et fait un verger de l’alcôve.

Penché sur l’or moussu qui voile un antre frais, J’ai respiré l’automne et les rouges forêts, Où de l’aubier vivant s’étire la faunesse… Ce n’est pas l’heure encor qu’à mes tempes de dieu

Le déclin menaçant ma trop longue jeunesse Efface l’œillet pâle et cette rose feu !

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
Nuit de victoire · Charles-Théophile FERET · Poetry Cove