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1912

LES Servantes de Pénélope

Charles-Théophile FERET

Fuis la jeunesse des servantes, qui dénoue Le luxe insolent d’un beau crin. Il te sied de servir les seules Muses. Crains Une intendante aux belles joues.

Lorsque tu dors, furtive, elle quitte ta couche, Et court se vendre à ton voisin, Qui parmi les baisers grapille sur sa bouche Tes secrets comme des raisins.

Tel, sur son lit de peaux de brebis et de vaches, Ulysse, aux corridors obscurs, Méditant l’Arc sonore et la Joute des Haches, Surprit les commerces impurs

Des servantes qui rient, en s’échappant des chambres, Et vont choyer les Prétendants De viandes, de vins, de leurs corps frottés d’ambre, Et de mensonge à belles dents.

La nuit, les jeunes bras tannés par les lessives Se targuent de moire et de fleurs ; Car où rôde Vénus une fièvre offensive Emplit les misérables cœurs.

Mais le fort de leurs mois ferait tourner les sauces Dont l’âge gourmand fait grand cas, Et tu dois préférer à leurs caresses fausses L’amitié d’un vin délicat.

Tu fuiras la jeunesse, et prendras Euryclée Au pas lent, à l’agile main, Pour que de torches d’or et de sagesse ailée Minerve éclaire tes chemins.

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