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1898

II

Max ELSKAMP

Marie, épandez vos cheveux : voici rire les anges bleus et dans vos bras Jésus qui bouge, avec ses pieds et ses mains rouges,

et puis encor les anges blonds jouant de tous leurs violons. Or c’est matin vert aux prairies et, Marie, regardez la Vie :

comme elle est douce infiniment depuis les arbres, les étangs jusqu’aux toits loin qui font des îles ; et, Marie, regardez vos villes

heureuses comme des enfants avec leurs cloches proclamant les Paix naïves d’évangile du haut de tous les campaniles

dans l’aube en or aux horizons que saluent, Marie-des-Maisons, les miens des tâches coutumières et dévoués tout à la terre.

Mais lors chantez, gais laboureurs de mon pays où le meilleur est Flandre douce aux alouettes et dont les voix de joie concertent,

et passez au loin, les vaisseaux sur la mer qui rit aux drapeaux, car Jésus tend ses mains ouvertes, Marie, pour embrasser la fête

que fait le ciel au prime jour ici de soie et de velours.

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