Allons ! vous êtes les plus forts, Et l'Allemagne est triomphante ! Vous avez broyé nos efforts Sous votre lourdeur étouffante !…
Déchus des gloires d'autrefois, Domptés pour la première fois, Nous endurons depuis six mois Tous les maux que la guerre enfante !…
Si vous avez été vainqueurs, Ce n'est pas avec le courage ; De vos bras, comme de vos cœurs, L'algèbre seule aida la rage ;
Vos froids calculs nous ont surpris, C'est la faim qui livra Paris, Et vous ne l'auriez jamais pris En vous exposant au carnage !…
Pillant nos blés, volant notre or, Rançonnant nos champs et nos villes, Vous paralysez notre essor Par les embûches les plus viles ;
Mais ce que vous ne prendrez pas, Malgré vos cartes, vos compas, Vos Krupp au stupide fracas, Je vous en défie, imbéciles…
C'est notre vieil esprit gaulois Dont la pétillante étincelle Ne pourrait trouer les parois De votre tudesque cervelle…
L'Allemagne est très-forte !… elle a Le poids de l'or qu'elle vola ! Elle est très-riche !… mais, voilà… Elle n'est pas spirituelle !…
Et ce que ne pourront avoir, Non plus, vos épaisses Prussiennes, C'est le charme, divin pouvoir De nos frêles Parisiennes !
Bref, malgré ses adversités, N'enviant pas vos qualités, La France, que vous détestez, Vous défend de toucher aux siennes !
Soyez victorieux ! puissants ! De lauriers couronnez vos têtes ! A Bismark prodiguez l'encens ! Par les vols comptez vos conquêtes !
Mais, quoi que vous fassiez vraiment, Votre nom de peuple allemand Vous condamne éternellement A rester lourds, grossiers et bêtes !…
Cookies on Poetry Cove