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1871

MARLY

Ferdinand DUGUÉ

Heureux poëte, ils ont épargné la maison Où se réfugiait dans la belle saison Sa muse au théâtre arrachée… Où, jouissant en paix des loisirs campagnards,

De son carré d'ognons à son plant d'épinards Il flânait, la tête penchée… Les Barbares, saisis d'un étrange respect, Ont tous senti leurs cœurs s'attendrir à l'aspect

De l'illustre laboratoire ! Ils n'ont rien dégradé, rien laissé d'outrageant, Rien dérobé, pas même une cuiller d'argent… Un fait unique dans l'histoire !…

Voyez donc jusqu'où va le pouvoir de l'esprit Couvrant à la fois l’œuvre et l'homme qui l'écrit ! Ceux par qui le brasier s'allume, Ces pillards, ces bandits, venus je ne sais d'où,

Les soldats de Bismark en un mot, de Sardou Ont respecté même la plume ! Sur ce, touchant chorus des journaux parisiens Qui vantant l'action de messieurs les Prussiens

Font une réclame au poëte… Moi, n'ayant ni le nom ni le talent qu'il a, Je n'eus pas le bonheur de sauver ma villa Dont la ruine fut complète !…

Après tout, la ruine avait une raison Qui t'honore pillée, ô ma chère maison… C'est que, malgré l'obus qui tue, Ferme dans le devoir, le fusil à la main,

A nos envahisseurs disputant le terrain Je t'ai bravement défendue !…

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