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1896

Zélie

Alexandre DUCROS

Celle à qui j'ai voué toute mon existence, Comme l'étoile d'or qui brille au front des cieux Est trop haut, loin de moi, je l'adore en silence, Et ma bouche jamais ne lui dira mes vœux ;

Elle ne saura pas de quel amour immense Je voudrais entourer son destin glorieux ; Elle n'entendra pas le cri de ma démence, Elle ne verra pas les larmes de mes yeux !

Ses jours seront comptés par des bonheurs sans nombre. Les miens, comme une fleur, se faneront dans l'ombre ; Elle vivra bénie, heureuse, sans remord ; Triste, je m'en irai vers le sombre domaine

Où pour l'éternité toute douleur s'endort ; Sans la lui dire, hélas ! je mourrai de ma peine

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Zélie · Alexandre DUCROS · Poetry Cove