La femme dit à la rose :
— « Il te faut, pour être éclose
De cet horizon vermeil,
Attendre, ô ma bien-aimée,
Sur ta tige parfumée,
Un doux rayon de soleil ! »
La rose dit à la femme
— « Il te faut, pour que ton âme
S'entr'ouvre au bonheur un jour,
Comme moi, ma sœur, attendre
Que sur toi vienne descendre
Un divin rayon d'amour ! »
— « Pauvre femme ! pauvre rose !
Leur dit une voix morose ;
Chaque rayon est pareil ;
Sa lueur est fugitive…
L'oubli vient, l'hiver arrive ;
Adieu l'amour ! le soleil ! »