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1896

Tsin

Alexandre DUCROS

Du jour où je te vis, — comme la fleur qui tremble Devant l'abeille d'or, — ô Tsin ! depuis ce jour, Le ciel le sait, le regret et l'amour Sont nés ensemble,

Depuis ce jour ! Voici cinq nuits ; pour moi la lune est prisonnière, Le nuage dérobe à mes yeux sa clarté, De mon chemin l'astre s'est écarté ;

Toi, ma lumière, Toi, ma clarté ! Car je suis fait pour toi comme l'eau pour la rive Que son baiser caresse ! oui, je suis fait pour toi,

Comme le feu pour l'encens. Dieu, crois-moi, O fugitive, M'a fait pour toi ! Mais, hélas ! nos deux cœurs sont bien loin l'un de l'autre !

Si l'Occident pouvait se joindre à l'Orient ! Oh ! quel bonheur, vierge au front souriant, Serait le nôtre, A l'Orient !

Mais, adieu les jours noirs ! je vole sur ta trace ; Ne faut-il pas unir la grâce avec l'amour ! Ouvre ton seuil et fêtons le retour ; O toi, la Grâce,

Voici l'Amour.

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