Du jour où je te vis, — comme la fleur qui tremble
Devant l'abeille d'or, — ô Tsin ! depuis ce jour,
Le ciel le sait, le regret et l'amour
Sont nés ensemble,
Depuis ce jour !
Voici cinq nuits ; pour moi la lune est prisonnière,
Le nuage dérobe à mes yeux sa clarté,
De mon chemin l'astre s'est écarté ;
Toi, ma lumière,
Toi, ma clarté !
Car je suis fait pour toi comme l'eau pour la rive
Que son baiser caresse ! oui, je suis fait pour toi,
Comme le feu pour l'encens. Dieu, crois-moi,
O fugitive,
M'a fait pour toi !
Mais, hélas ! nos deux cœurs sont bien loin l'un de l'autre !
Si l'Occident pouvait se joindre à l'Orient !
Oh ! quel bonheur, vierge au front souriant,
Serait le nôtre,
A l'Orient !
Mais, adieu les jours noirs ! je vole sur ta trace ;
Ne faut-il pas unir la grâce avec l'amour !
Ouvre ton seuil et fêtons le retour ;
O toi, la Grâce,
Voici l'Amour.