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1867

Quinze Août

Alexandre DUCROS

Paris est-il désert ? La ville est-elle morte ? Amis, quel silence partout ! Naguère, une clameur s'élevant grande et forte, A pareil jour criait ; — « Quinze Août ! «

Partout flottaient au vent banderolle, oriflamme ; Cloches, canons ; bronzes émus, De la grande esplanade aux tours de Notre-Dame, Hurlaient : Te Deum Laudamus !

De tout côté montaient les chants et les prières, De par l'avis officiel. Le soir, les monuments s'habillaient de lumières ; Ruggieri faisait honte au ciel,

On fêtait l'Empereur. — Aujourd'hui quel contraste ! La ville est calme, pas un cri. Aux jours d'enivrement succède un jour néfaste ; Le ciel fait honte à Ruggieri !

Rentrez à l'arsenal vos chandelles romaines, Et vos bombes et vos pétards, Les millions de feux des étoiles sereines, Plaisent bien mieux à nos regards.

Les canons se sont tus, les cloches sont muettes ; Pas de chamades, de rappel, Pas d'habits chamarrés, de pompons et d'aigrettes, Sous les balcons, au Carrousel.

On a clos les volets, chose prudente et sage, Et, sur la porte du château, Gavroche peut, chantant : — « L'Empire déménage. » Aller poser un écriteau !

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