Paris est-il désert ? La ville est-elle morte ?
Amis, quel silence partout !
Naguère, une clameur s'élevant grande et forte,
A pareil jour criait ; — « Quinze Août ! «
Partout flottaient au vent banderolle, oriflamme ;
Cloches, canons ; bronzes émus,
De la grande esplanade aux tours de Notre-Dame,
Hurlaient : Te Deum Laudamus !
De tout côté montaient les chants et les prières,
De par l'avis officiel.
Le soir, les monuments s'habillaient de lumières ;
Ruggieri faisait honte au ciel,
On fêtait l'Empereur. — Aujourd'hui quel contraste !
La ville est calme, pas un cri.
Aux jours d'enivrement succède un jour néfaste ;
Le ciel fait honte à Ruggieri !
Rentrez à l'arsenal vos chandelles romaines,
Et vos bombes et vos pétards,
Les millions de feux des étoiles sereines,
Plaisent bien mieux à nos regards.
Les canons se sont tus, les cloches sont muettes ;
Pas de chamades, de rappel,
Pas d'habits chamarrés, de pompons et d'aigrettes,
Sous les balcons, au Carrousel.
On a clos les volets, chose prudente et sage,
Et, sur la porte du château,
Gavroche peut, chantant : — « L'Empire déménage. »
Aller poser un écriteau !