Nous allions doucement sous le couvert ombreux
Plein de molles senteurs, de troublantes haleines,
Et les tendres ramiers qui revenaient des plaines
Emplissaient les vieux nids de soupirs langoureux.
Les tièdes zéphyrs avec des chansons douces
Berçaient ou réveillaient les divines ardeurs
Des couples amoureux foulant les vertes mousses,
Où les acacias faisaient neiger leurs fleurs.
Mais Nora ne vient plus sur la neige odorante
Des blancs acacias poser ses pieds mignons ;
Sous le couvert ombreux où tous deux nous allions,
Pleine d'un triste émoi ma pensée est errante.
Ne la caches-tu point, ô bois silencieux ?
Vous, ramiers, qui veniez sur son épaule nue
Reposer votre vol ; vous, zéphyrs amoureux,
Qui baisiez en passant l'or de ses blonds cheveux,
Dans la plaine ou le val ne l'avez-vous point vue ?
Répondez à mes cris. — Qu'est-elle devenue ?…