Les confuses voix de la forêt sombre Emplissent le val des plus joyeux bruits, Et des gais oiseaux qui chantent à l'ombre, La brise d'été balance les nids.
Chanson des oiseaux et forêt secrète, Tout le long du jour, Nous parlent d'amour, Ninette !
Ninette ! Nous parlent d'amour ! Entends-tu frémir — voix mystérieuse ! — L'airain du vieux temple, au bord du chemin ?
Heureux fiancé, fiancée heureuse, S'en vont à l'autel la main dans la main. La voix du clocher crie à tous : « C'est fête ! » Les cœurs en ce jour
Palpitent d'amour, Ninette ! Ninette ! Palpitent d'amour !
Le ciel qui sourit et qui se colore, Lorsque le soleil, son grand amoureux, De ses chauds baisers l'embellit encore, D'un voile d'azur couvre en vain ses feux.
Rouge de pudeur comme une nonnette, Le ciel à son tour Tressaille d'amour, Ninette !
Ninette ! Tressaille d'amour ! Et la terre aussi, la terre arrosée Des pleurs de la nuit transformés soudain
En beaux diamants ; perles de rosée, Ivre de parfums s'éveille au matin. Couverte de fleurs, la vieille coquette, A l'aube du jour,
Redit son amour, Ninette ! Ninette ! Redit son amour !
Le ruisseau causeur, le torrent superbe, La fleur et l'oiseau, la terre et le ciel, Le mont orgueilleux et l'humble brin d'herbe Proclament l'amour, l'amour éternel !
Pourquoi résister ? douce est la défaite, Il faut un beau jour Céder à l'amour, Ninette !
Ninette ! Céder à l'amour !
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