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1896

Mira

Alexandre DUCROS

Il n'était pas mort, il dormait, Le cœur que je pleurais sans cesse ; C'est le bon Dieu qui le permet, Il s'éveille plein de jeunesse !

Un doux miracle s'opéra, L'amour en fut le seul oracle… Il me devait bien ce miracle, Aussi mon cœur le bénira.

Alléluia ! Alléluia ! A lui je pensais ce matin ; Je me trouvais bien seul sur terre,

Et je maudissais le destin Qui m'accablait de sa colère ! Mais à sa fenêtre, Mira, Sirène à qui nul ne résiste,

Semblait me dire : — « Dieu t'assiste, Un jour ta peine finira. » Alléluia ! Alléluia !

— « Non ! toujours, ai-je répondu, J'aurai ma sombre inquiétude, Et dans la foule, confondu, Nul ne verra ma solitude !

Mon cœur est mort ; on l'enterra… » Mais, Mira s'est mise à sourire, Et… j'ai souri, je dois le dire. Pourquoi ? bientôt on le saura.

Alléluia ! Alléluia ! Mon regard a croisé le sien, Qu'il était doux ! qu'il était tendre !

Et, quoi que ne nous disant rien, Nous commencions à nous entendre. Je ne sais si l'on me croira ; Dans son boudoir tendu de rose,

Ce soir, une métamorphose S'est accomplie…, et cætera ! Alléluia ! Alléluia !

Elle m'avait donné son cœur, Pour réparer du mien la perte, Lorsque du boudoir, ô bonheur ! Soudain la porte s'est ouverte ;

C'était l'amour, l'amour, oui-dà ! Il ramenait mon cœur en laisse… Mais c'est à Mira qu'il le laisse ! Bah ! les deux n'en font qu'un déjà.

Alléluia ! Alléluia !

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Mira · Alexandre DUCROS · Poetry Cove