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1867

Metz Livré !!!

Alexandre DUCROS

Quoi ! Metz après Sedan ! Judas après Cartouche ! Bazaine après Napoléon Des infâmes, toujours ! Le mensonge à la bouche, Et dans le cœur la trahison !

Les destins veulent-ils que la France succombe ? Quoi ! du livre des nations, Veulent-ils l'effacer et murer dans la tombe, L'astre aux éblouissants rayons ?

Veulent-ils que la nuit se fasse sur le monde, Et que, la France n'étant plus, Les peuples se heurtant dans cette nuit profonde, Après le flux aient le reflux ?

Non, Bonaparte ! non, Bazaine ! non, ô Reîtres ! Les destins conduisent ses pas ; Et malgré les complots et malgré tous les traîtres, La France ne périra pas !

Nous sentons redoubler l'ardeur qui nous enflamme. Après un moment de stupeur, Le dégoût, le mépris ont envahi notre âme, Mats non pas l'imbécile peur.

Elle n'a pas de prise au cœur du patriote ; Le péril accroît la valeur ! Va ! tu trahis gratis, ô louche Iscariote, Et la France et ton Empereur.

Eh ! oui, ton Empereur, le sire Bonaparte. Ne t'apprit-il pas en effet L'art de piper les dés, de bizeauter la carte ? Tu le triches et c'est bien fait

Tu disais : — « Que m'importe à moi la dynastie ? Elle est pour mon but un moyen, Avec plus de succès renouons la partie Où j'ai joué Maximilien ! »

Et l'homme de Sedan, l'avachi, le despote, Que la Nation a vomi, Ne te devinant pas, singe de Bernadotte T'appelait encor son ami !

Tu manquas le Mexique et tu crias : — « La chance Rend enfin mon rêve vainqueur. » Quand tu vis le Teuton sombre, éventrer la France, Pour arriver jusques au cœur !

O soldats, qui vouliez jusqu'à la dernière heure, Vaincre ou mourir, qu'avez-vous dit ? J'entends le vieil honneur qui sanglote, qui pleure, Sous l'outrage de ce bandit !

Ah ! Le tigre qui flaire en acérant sa griffe Est moins cruel pour le troupeau ! Pour immoler son Christ, Judas laissait Caïphe Fournir les clous et le marteau ?

Mais Bazaine-Judas aux tigres sanguinaires, Comme aux Caïphes sans pitié, Livre le Labarum et les armes dernières De son pays crucifié !…

Dites, est-il un mot, une insulte, un outrage, Pour flétrir ce sinistre gueux ? Lâche, est doux ; — traître, est faible, et la haine et la rage Ne trouvent rien d'assez hideux

Pour le stigmatiser ! — Sur l'opprobre il se hausse Et grouille dans l'impureté ; Il écoeure et fait peur ! — Cet homme est un colosse De gigantesque saleté !

Oh ! mais rassurez-vous, et si l'insulte manque, Attendant l'heure des rachats, Citoyens, regardez l'horrible saltimbanque, Et noyez-le dans vos crachats !

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