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1896

Maud

Alexandre DUCROS

Elle a des poses de félin, Quand d'une tunique de lin, Elle habille ses formes souples ; Du félin elle a les yeux clairs,

Où parfois brillent des éclairs, Des éclairs qui passent par couples. Pleine d'ineffables douceurs, Sa voix musicale a pour sœurs

Celle des oiseaux et des anges ; Elle est comme un concert des cieux, Ou des couchants délicieux, Un gazouillement de mésanges.

La charmeresse ! — Elle nous prend Tout notre cœur et nous le rend, Saignant d'une chère morsure ! Et l'on ne veut pas en guérir,

Et l'on préférerait mourir Que de vivre sans sa blessure ! Et l'on brûlerait à ses pieds Les parfums des riches trépieds

Qui fument aux sérails d'Asie ; Et se prosternant, on voudrait Baiser la poudre ou marcherait Cette vertueuse Aspasie !

Car malgré son regard lascif, Et parfois chastement pensif, Qui prend tout l'être et le dévore, Il faut la fuir et se garder

De loin, bien loin, la regarder… Et vers elle venir encore ! Mais à quoi bon fuir ?… la voilà ! Le désir vous emporte !… Elle a

L'œil de la colombe et du fauve ; Le désir se change en respect, Et nous rêvons à son aspect, Du sanctuaire… et de l'alcôve !

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Maud · Alexandre DUCROS · Poetry Cove