Elle a des poses de félin,
Quand d'une tunique de lin,
Elle habille ses formes souples ;
Du félin elle a les yeux clairs,
Où parfois brillent des éclairs,
Des éclairs qui passent par couples.
Pleine d'ineffables douceurs,
Sa voix musicale a pour sœurs
Celle des oiseaux et des anges ;
Elle est comme un concert des cieux,
Ou des couchants délicieux,
Un gazouillement de mésanges.
La charmeresse ! — Elle nous prend
Tout notre cœur et nous le rend,
Saignant d'une chère morsure !
Et l'on ne veut pas en guérir,
Et l'on préférerait mourir
Que de vivre sans sa blessure !
Et l'on brûlerait à ses pieds
Les parfums des riches trépieds
Qui fument aux sérails d'Asie ;
Et se prosternant, on voudrait
Baiser la poudre ou marcherait
Cette vertueuse Aspasie !
Car malgré son regard lascif,
Et parfois chastement pensif,
Qui prend tout l'être et le dévore,
Il faut la fuir et se garder
De loin, bien loin, la regarder…
Et vers elle venir encore !
Mais à quoi bon fuir ?… la voilà !
Le désir vous emporte !… Elle a
L'œil de la colombe et du fauve ;
Le désir se change en respect,
Et nous rêvons à son aspect,
Du sanctuaire… et de l'alcôve !