J e veux avoir ta douce image
Là, toujours là, devant mes yeux ;
Vers elle s'en ira l'hommage
De mon cœur désormais joyeux.
Et comme on fait pour la madone,
Je l'implorerai chaque jour,
Pour que tu me fasses l'aumône,
D'un peu de chaste et pur amour ;
Hélas ! je marchais dans la vie,
Aveuglé par ce monde impur !
Toute clarté m'était ravie ;
De ton ciel montre-moi l'azur !
Oui, viens me retirer du gouffre
Où ma sagesse un jour sombra ;
S'il faut pour cela que je souffre,
La souffrance m'épurera !
Me rappelant, chère Lydie,
Que jadis l'ange Raphaël
Rendit aux yeux morts de Tobie
La vie, avec un peu de fiel.