Un grand mouvement s'accomplit,
Et dans la plus infime classe,
On discute, on commente, on lit ;
Le Peuple n'est plus populace.
Il veut connaître, il veut savoir,
Il veut fixer sa conscience,
A son tour enfin il veut voir,
Dans les livres de la science.
Il a compris que sans flambeau,
Le pauvre voyageur s'égare,
Brisant la pierre du tombeau,
Il veut ressusciter Lazare,
Au festin intellectuel,
Un siècle meilleur le convie ;
Avec le pain matériel,
Il veut aussi le pain de vie.
Oh ! comme il court à ce festin,
Dont il sort les mains toutes pleines
Et comme il s'abreuve en chemin,
A ces jaillissantes fontaines !
Prodiguez-lui donc le trésor,
De votre éloquente parole,
Vous qui, préparant son essor,
Pour le peuple tenez école.
Il vient à vous comme un enfant,
Un enfant qui veut tout connaître ;
Il grave en lui ce qu'il entend,
Il boit les paroles du maître !
Que dans ces récréations
Il trouve le Beau, qui l'élève.
Et les mauvaises passions,
S'évanouiront comme un rêve.
Voulez-vous le voir revenir ?
Que vos leçons lui soient des fêtes,
Préparez-le pour l'avenir,
Et ses immortelles conquêtes !
Rien ne résiste à son effort,
Il a l'audace, le courage ;
Faites-le juste, il sera fort,
Faites-le grand, il sera sage !