Moi je n'avais qu'un fils, il me dit : — « O ma mère,
La France appelle ! j'obéis ! »
L'homme du Deux-Décembre était à la frontière,
A la France il vola mon fils !
L'hymen m'avait unie à l'amant que je pleure ;
Il suivit les tambours battants…
Mon fils est orphelin et sombre est ma demeure,
Et me voilà veuve à vingt ans !
Mon Dieu, ma mère est morte, et l'on dit qu'à la guerre,
Mon père, hier, a combattu…
Je suis seul et j'ai faim !… J'attends toujours mon père,
Mon père n'est pas revenu !
Nous avions à nos fils enseigné la vaillance,
Et leurs cœurs étaient forts et grands !..
Ils auraient triomphé ! — Ta lâche défaillance,
César, a décimé leurs rangs !
Qu'il soit honni, chassé, l'indigne capitaine,
Couvert du sang de nos héros !
Qu'il s'en aille chargé du poids de notre haine,
Il déshonore nos drapeaux !
O France ! pour combattre à côté de nos frères,
Pour punir et chasser le Germain détesté,
Nous armons tous nos bras ; — En avant ! aux frontières !
En avant ! Pour la France et pour la liberté,
Que ces clameurs de deuil, que ces plaintes finissent,
La France attellera la victoire à son char…
Aux armes, citoyens ! Et toi, Bandit — César,
Ceux qui vont mourir te maudissent !