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1867

Lamentations

Alexandre DUCROS

Moi je n'avais qu'un fils, il me dit : — « O ma mère, La France appelle ! j'obéis ! » L'homme du Deux-Décembre était à la frontière, A la France il vola mon fils !

L'hymen m'avait unie à l'amant que je pleure ; Il suivit les tambours battants… Mon fils est orphelin et sombre est ma demeure, Et me voilà veuve à vingt ans !

Mon Dieu, ma mère est morte, et l'on dit qu'à la guerre, Mon père, hier, a combattu… Je suis seul et j'ai faim !… J'attends toujours mon père, Mon père n'est pas revenu !

Nous avions à nos fils enseigné la vaillance, Et leurs cœurs étaient forts et grands !.. Ils auraient triomphé ! — Ta lâche défaillance, César, a décimé leurs rangs !

Qu'il soit honni, chassé, l'indigne capitaine, Couvert du sang de nos héros ! Qu'il s'en aille chargé du poids de notre haine, Il déshonore nos drapeaux !

O France ! pour combattre à côté de nos frères, Pour punir et chasser le Germain détesté, Nous armons tous nos bras ; — En avant ! aux frontières ! En avant ! Pour la France et pour la liberté,

Que ces clameurs de deuil, que ces plaintes finissent, La France attellera la victoire à son char… Aux armes, citoyens ! Et toi, Bandit — César, Ceux qui vont mourir te maudissent !

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