Ainsi donc c'en est fait et l'œuvre est accomplie !
Paris a dû courber le front !
Dites-moi, citoyens, est-elle assez remplie,
La coupe amère de l'affront ?
Paris, ta gloire est morte et ta force est brisée !
Toi qu'enviaient les nations,
Te voilà maintenant devenu leur risée,
O soleil veuf de tes rayons !
Le monde s'éclairait à ta vive lumière ;
Dans ta magnifique grandeur,
Les peuples t'exaltaient ; et voilà qu'en poussière,
Tombe ta robe de splendeur !
O Paris ! ô berceau, foyer et sanctuaire
Du Progrès poursuivant le Beau !
Du saint voile du temple on a fait un suaire,
Et de son autel, un tombeau !
O deuil ! ô sombre deuil ! — Je sanglote, je pleure !
Quels étaient donc tes assaillants ?
Pour combattre, ô Paris, jusqu'à la dernière heure,
N'avais-tu donc plus de vaillants ?…
Ils étaient là, debouts, résolus et stoïques !
Et les femmes et les enfants
Criaient : — « Plutôt mourir ! » — Tous furent héroïques ;
Ils pouvaient être triomphants !
Ils avaient fait un pacte ; ils avaient dit : — « Qu'importe
Et la famine et le danger ?
Si Paris est debout, la France n'est pas morte !
Aux armes ! chassons l'étranger ! »
Qui donc paralysa leur généreuse audace ?
Qui donc fit de leurs mains
Tomber l'arme sacrée, étouffa la menace,
Et livra Paris aux Germains ?… »