A quoi songes-tu, jeune fille ?
Quel penser captive ton cœur ?
Dans tes yeux une larme brille :
C'est une larme de bonheur !
De ton époux, ô fiancée !
Ce soir, le baiser amoureux,
Comme l'oiseau boit la rosée,
Boira la perle de tes yeux !
Hélas ! un autre soin occupe ma pensée :
Elle vole loin de ces lieux !
O toi, notre jeune compagne,
Tu ne viendras plus avec nous ;
Quand Maîa dore la campagne
Tu manqueras au rendez-vous !
Adieu les chants, adieu le rire,
Les chers propos et les doux bruits,
Qui montaient avec le zéphyre,
Le soir, sous le figuier des puits !
Hélas ! mon cœur brisé, loin de l'absent, soupire,
En proie à de sombres ennuis !
Chacune de nous est jalouse ;
Jalouse, ici, de ton bonheur ;
Car il est doux le nom d'épouse,
Doux à la lèvre, cher au cœur !
Au souffle de l'amour éclose,
De l'époux fleuris le chemin…
O suave métamorphose :
Bouton ce soir, — Rose demain !
Hélas ! avec mes pleurs aujourd'hui moi j'arrose
Les fleurs maudites de l'hymen !