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1867

Hymne de Guerre

Alexandre DUCROS

La France au signal des combats, Tressaille, et relevant la tête, Comme un noir tourbillon, comme un vent de tempête, Dans les rangs ennemis va porter le trépas !

Battez, tambours ; sonnez, clairons ; Voici venir les escadrons De la France républicaine ! Lorsque le glaive est dans sa main,

Alors qu'elle a brisé sa chaîne, Qui peut lui barrer le chemin ? A toi nos cœurs, France chérie ! Mène tes fils à l'immortalité,

Tout notre sang pour la Patrie, Et pour la liberté ! Toi, qui, sur les deux bords du Rhin, Élève ta folle superbe ;

Comme le laboureur de son champ fauche l'herbe, La France va faucher ton orgueil souverain ! La mort moissonne chaque rang, Et dans le Rhin rouge de sang,

Nous allons laver notre injure ! Tremblant et la pâleur au front, Chaque ennemi déjà mesure La place où ses os blanchiront !

Insensés ! vous vous étiez dit : — « Qui peut résister à nos armes ? En proie aux factions, au milieu des alarmes, Par les dissensions la France s'amoindrit. »

La France n'a qu'un seul drapeau ! Vous l'avez vu, sublime et beau, Jadis affronter vos mitrailles, Et n'en resta-t-il qu'un lambeau,

Il flottera sur les murailles De vos fragiles Jéricho ! Que dites-vous ? nos bataillons Ont fait un effort inutile ?

Un homme tombe ? Eh ! bien, il en surgira mille Pour venger les héros couchés dans les sillons. Et même, n'eussions-nous demain Plus un soldat, troupeau Germain,

Croirais-tu vaincre ? — Non, sans doute ; Que faudrait-il sur le chemin Pour te mettre en pleine déroute ?… Des enfants leur fronde à la main !

A toi nos cœurs, France chérie ! Mène tes fils à l'immortalité. Tout notre sang pour la Patrie, Et pour la liberté !

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