La France au signal des combats, Tressaille, et relevant la tête, Comme un noir tourbillon, comme un vent de tempête, Dans les rangs ennemis va porter le trépas !
Battez, tambours ; sonnez, clairons ; Voici venir les escadrons De la France républicaine ! Lorsque le glaive est dans sa main,
Alors qu'elle a brisé sa chaîne, Qui peut lui barrer le chemin ? A toi nos cœurs, France chérie ! Mène tes fils à l'immortalité,
Tout notre sang pour la Patrie, Et pour la liberté ! Toi, qui, sur les deux bords du Rhin, Élève ta folle superbe ;
Comme le laboureur de son champ fauche l'herbe, La France va faucher ton orgueil souverain ! La mort moissonne chaque rang, Et dans le Rhin rouge de sang,
Nous allons laver notre injure ! Tremblant et la pâleur au front, Chaque ennemi déjà mesure La place où ses os blanchiront !
Insensés ! vous vous étiez dit : — « Qui peut résister à nos armes ? En proie aux factions, au milieu des alarmes, Par les dissensions la France s'amoindrit. »
La France n'a qu'un seul drapeau ! Vous l'avez vu, sublime et beau, Jadis affronter vos mitrailles, Et n'en resta-t-il qu'un lambeau,
Il flottera sur les murailles De vos fragiles Jéricho ! Que dites-vous ? nos bataillons Ont fait un effort inutile ?
Un homme tombe ? Eh ! bien, il en surgira mille Pour venger les héros couchés dans les sillons. Et même, n'eussions-nous demain Plus un soldat, troupeau Germain,
Croirais-tu vaincre ? — Non, sans doute ; Que faudrait-il sur le chemin Pour te mettre en pleine déroute ?… Des enfants leur fronde à la main !
A toi nos cœurs, France chérie ! Mène tes fils à l'immortalité. Tout notre sang pour la Patrie, Et pour la liberté !
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