Skip to content
1896

Emma (I)

Alexandre DUCROS

Lorsque tes chants mélodieux Frappaient mon oreille ravie, Enfant, je croyais que la vie Était un beau rêve des cieux !

Ta voix dissipait ma souffrance, Elle faisait rêver mon cœur, Et ce rêve était le bonheur, Ce bonheur était l'espérance !

Je t'écoutais en récitant, Tout bas, une douce louange, Puis croyant à la voix d'un ange, Je t'adorais en t'écoutant !

Et je te disais : chante encore, Chante ! que la joie ait son tour ; Si ma vie, hélas, est d'un jour ; Jusqu'au soir prolonge l'aurore !

A tes chants ma douleur s'endort, Et lorsque leur doux bruit s'achève, Il recommence dans mon rêve, Ineffable et céleste accord !

Mais loin de nous tu t'es enfuie ! Maintenant tout n'est que douleurs ; Avec l'absence sont les pleurs, Les pleurs que nulle main n'essuie !

Et tout est triste devant moi ! Mon âme sanglote à toute heure…, Je te cherche dans ma demeure, Toujours toute pleine de toi !

Reviens, reviens, ô jeune fille ! Car moi je pleure et j'ai vingt ans ! Et je vois le soleil qui brille, Baiser les roses du printemps !

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
Emma (I) · Alexandre DUCROS · Poetry Cove