Lorsque tes chants mélodieux
Frappaient mon oreille ravie,
Enfant, je croyais que la vie
Était un beau rêve des cieux !
Ta voix dissipait ma souffrance,
Elle faisait rêver mon cœur,
Et ce rêve était le bonheur,
Ce bonheur était l'espérance !
Je t'écoutais en récitant,
Tout bas, une douce louange,
Puis croyant à la voix d'un ange,
Je t'adorais en t'écoutant !
Et je te disais : chante encore,
Chante ! que la joie ait son tour ;
Si ma vie, hélas, est d'un jour ;
Jusqu'au soir prolonge l'aurore !
A tes chants ma douleur s'endort,
Et lorsque leur doux bruit s'achève,
Il recommence dans mon rêve,
Ineffable et céleste accord !
Mais loin de nous tu t'es enfuie !
Maintenant tout n'est que douleurs ;
Avec l'absence sont les pleurs,
Les pleurs que nulle main n'essuie !
Et tout est triste devant moi !
Mon âme sanglote à toute heure…,
Je te cherche dans ma demeure,
Toujours toute pleine de toi !
Reviens, reviens, ô jeune fille !
Car moi je pleure et j'ai vingt ans !
Et je vois le soleil qui brille,
Baiser les roses du printemps !