Nous descendîmes au jardin. Déjà s'éveillait la fauvette, Saluant les feux du matin. Nous descendîmes au jardin.
Et nous nous tenions par la main Pour écouter sa chansonnette… Nous descendîmes au jardin, Déjà s'éveillait la fauvette.
Tout se taisait autour de nous. Nous étions seuls dans les allées, Loin des regards, loin des jaloux. Tout se taisait autour de nous !
Hors la fauvette aux chants si doux, Qui jetait ses notes perlées, Tout se taisait autour de nous… Nous étions seuls dans les allées !
Nous écoutions son gai concert, Sa voix était suave et douce ! Émus, dans le sentier couvert, Nous écoutions son gai concert !
Et le jardin était désert, Le bruit expirait sur la mousse… Nous écoutions son gai concert ; Sa voix était suave et douce !
Sa mélodieuse chanson, D'un doux émoi pénétrait l'âme ! Nos cœurs battaient à l'unisson ! Sa mélodieuse chanson
Fît en nous passer un frisson, Et ce frisson était dé flamme !… Sa mélodieuse chanson D'un doux émoi pénétrait l'âme !
Je pleurais sans savoir pourquoi… Qu'elles étaient douces, mes larmes ! Et Bertha pleurait comme moi ; Je pleurais… sans savoir pourquoi !
La fauvette chantait, ma foi ! Nous n'éprouvions nulles alarmes… Mais Bertha pleurait comme moi ! Qu'elles étaient douces, nos larmes !
Sans le vouloir — dans le chemin — Pourtant mon trouble était extrême, De Bertha je saisis la main, Sans le vouloir… dans le chemin !
Et tombant à genoux soudain, Ma lèvre murmura : « Je t'aime ! » Sans le vouloir… dans le chemin ! Pourtant mon trouble était extrême !
Elle rougit, l'oiseau chanta… Je tremblais comme la feuillée… Et tout bas j'implorais Bertha ; Elle rougit, l'oiseau chanta !
C'est elle pourtant qu'écouta Mon âme presque désolée !… Elle rougit, l'oiseau chanta… Je tremblais comme la feuillée !
— « M'aimes-tu ? lui dis-je tout bas. M'aimes-tu ? — l'oiseau fit silence. Elle ne me répondit pas ! — M'aimes-tu ? » lui dis-je tout bas.
J'attendais mon arrêt, hélas ! Mais ainsi qu'un chant d'espérance : — « Je t'aime I » dit-elle tout bas, Puis il se fit un grand silence !
La fauvette ne chantait plus, Mais Bertha rougissait encore ! Au dernier son de l'Angélus, La fauvette ne chantait plus.
J'avais l'ivresse des élus, Et mon cœur s'emplissait d'aurore ! La fauvette ne chantait plus… Mais Bertha rougissait encore !
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