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1867

Assassinat de Victor Noir

Alexandre DUCROS

C'est bien ! — Murat bâtonne et Bonaparte tue ! Qui donc ose parler encor de liberté ? Pour l'étouffer vivante avant sa puberté, Aux genoux de César, Brutus se prostitue !

France, courbe le front, plus de vaine fierté ; Murat, Murât bâtonne et Bonaparte tue ! Mais où donc marchons-nous, que va-t-il advenir ? Que sommes-nous, enfin ? peuple ou bêtes de sommes ?

Est-ce un cœur qui palpite en nos poitrines d'hommes, Ou d'un cœur n'avons-nous rien que le souvenir ? Non ! la peur nous terrasse ! Ah ! lâches que nous sommes ! Mais où donc marchons-nous, que va-t-il advenir ?

Oh ! ces Napoléon ! il leur faut les mains rouges ! A Vincennes, Boulogne et jusqu'en leur hôtel ! — « A moi, prince ; tu viens présenter un cartel ? Voici mon revolver, je fais feu si tu bouges. »

Et Noir tombe aussitôt frappé d'un coup mortel ! Oh ! ces Napoléon…, il leur faut les mains rouges ! Avais-tu bien le droit de tuer cet enfant ! Venait-il en son nom relever un outrage ?

Il venait simplement s'acquitter d'un message ; Il venait, comme ceux que leur mandat défend, Sommer ta loyauté, parler à ton courage… Avais-tu bien le droit de tuer cet enfant ?

Les princes aujourd'hui se font tueurs en chambre. Oh ! l'indignation nous saisit, nous étreint. Le grand jour leur fait peur ; on le fuit, on le craint, On ne massacre plus ainsi qu'au Deux Décembre,

Par la rue et les quais le Peuple souverain… Les Princes aujourd'hui se font tueurs en chambre !

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