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1896

Antonia

Alexandre DUCROS

Non, je ne dirai pas quelles soudaines fièvres Son cher regard allume en moi, Ni combien dans mon rêve empli d'étrange émoi Mes lèvres vont compter des baisers sur ses lèvres !

Non, je ne dirai pas quel est ce rêve fou ! Elle me le défend…, à son vouloir je cède, Mais le rêve m'emporte, il va je ne sais où…. Dans un ciel idéal, et, là, je la possède !

Mais quelle arrière joie ! et comme elle fait mal ! Alors que descendu de ce ciel idéal, Je me dis : — « Ce n'était qu'un songe ! » Mon cœur pleure, se brise et tout espoir en sort !

Le rêve était divin ; le réveil est mensonge, Et je goûte un bonheur qui me donne la mort !

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Antonia · Alexandre DUCROS · Poetry Cove