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1867

A mon Petit-Neveu (Marcel Challier-Ducros)

Alexandre DUCROS

Que fais-tu ? Dors-tu bien la nuit ? Manges-tu bien le jour ? — De grâce, Apprends-moi tout ce qui se passe, Et si tu fais beaucoup de bruit.

Et si tu fais beaucoup de casse. Te pousse-t-il beaucoup de dents ? Cours-tu comme un chat par la chambre, Puisque l'humide et froid décembre,

Nous oblige à rester dedans ? Pour voir ce qu'ils ont dans le ventre, Tu crèves tes pantins, — c'est clair !… Dans l'humanité, vaste centre,

Que de pantins d'os et de chair, Qui, comme eux, n'ont rien dans le ventre. Tu sauras tout cela plus tard ; Et les sottises éternelles,

Les faussetés sempiternelles Des hommes qui, — pour la plupart, Ne sont que des polichinelles ! Toi, si tu veux être vainqueur,

Dans les grimaces de la vie, Marche droit et garde de ton cœur, Et saute à pieds joints sur l'envie. Regarde en haut, et devant toi,

Du Bien pratique la science, Il n'est pas besoin d'autre loi, Que celle de la conscience. Sois toujours bon, mais ne sois pas

Dupe de la bonté trop prompte, Tu trouverais devant tes pas, Beaucoup d'exploiteurs ici-bas, Qui sauraient en tirer bon compte.

Fais-toi de sincères amis. Un seul, mais fidèle, en vaut mille. Aime saintement ton pays ! Et plus tard, s'il était utile,

De répandre ton sang pour lui, Donne le plus pur de tes veines, Et tu satisfairas les haines, Que nous comprimons aujourd'hui,

En songeant aux hordes germaines !

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