Skip to content
1854

A JEAN REB0UL

Alexandre DUCROS

Vous dont le livre ouvert sous mes yeux a souvent Versé comme un trésor, dans mon âme brisée, Des consolations, ineffable rosée Qui faisait oublier mes maux en la buvant ;

Mystérieux calice où je trempais ma vie, Qui, maintenant, hélas ! de sanglots est suivie Et flotte comme un brin de paille au gré du vent ; Oh ! maintenant que l'âge a fait naître le doute

Et que les passions luttent avec l'esprit ; Maintenant que je vais vers cette sombre nuit Qui descend quand la Foi n'éclaire plus la route, Maître ! devant mes pas laissez tomber encor,

Comme un son échappé de votre harpe d'or, Un mot qui soit: courage!… Oh ! j'attends et j'écoute. Car ma faiblesse est grande, et le chemin est long, Tout parsemé d'écueils et pendu sur l'abîme.

C'est un sombre rocher. Pour atteindre à sa cime. L'oeil en vain sur ses bords chercherait un jalon… Le pauvre voyageur, que le hasard dirige, Sans guide, sans appui, s'y sent pris de vertige,

Ferme les yeux alors et roule jusqu'au fond !…

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
A JEAN REB0UL · Alexandre DUCROS · Poetry Cove